dimanche, 23 novembre 2008

Hôtel Terminus

 

Ils y entrent par hasard ou parce qu’ils y ont rendez-vous. Ils y travaillent ou y ont de vieilles habitudes. Tous sont là, dans les chambres, la réception et le bar de l’Hôtel Terminus. La femme à la robe rouge, l’homme à l’imperméable, le VRP en chaussettes, Claire qui a donné rendez-vous à Paul, Jérôme et Muriel qui échouent là au retour d‘un enterrement, le couple venu rendre visite aux enfants, le vieux monsieur au bouquet, l’homme de dos. Et puis le barman-un ancien jongleur, le pianiste du bar-qui a rôdé dans bien des hôtels du monde, Leïla-la femme de chambre que l’on dit muette et le gardien de nuit qui veille sur tous. Il y a encore un lit et une chaise qui ont des choses à se dire et le mélangeur de la salle de bains qui n’est pas en reste.
Cela se passe du soir au matin, à l’heure des rêves et des remords, des retrouvailles et des adieux. Des brèves rencontres aussi. On rit, on pleure comme au théâtre. C’est l’histoire d’une nuit passée à l’Hôtel Terminus.


Avec : Jean-Michel Dupuis (le gardien de nuit), Bruno Allain (le pianiste de bar). Bernadette Le Saché, Jean-Louis Grinfeld et Didier Brice (chambre 101), Jean Lescot et Martine Sarcey (chambre 305), Caroline Chaniolleau et Nicolas Maury
(chambre 607), Jean-Claude Leguay (chambre 111), Nathalie Duverne et Daniel Delabesse (chambre 268), Sophie Broustal et Jean-Yves Berteloot (chambre 108), Clara Henry-Cumer (chambre 508), Paul Rièger et Sophie Rodrigues (chambre 511), Délia Roubtsova (Leila) et Eric Herson-Macarel (la voix des didascalies). Improvisations au piano de Jacques Bouniard.

France Culture émission du dimanche 23 novembre 2008
"Hôtel Terminus" de Jean-Pierre Thibaudat

 

 

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dimanche, 06 juillet 2008

Goût

Je n’ai plus goût que pour les anecdotes, et la métaphysique hindoue. 

[12/07/66]

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jeudi, 03 juillet 2008

Vacances

Je me prépare pour aller à la mer; j'aurais besoin plutôt d'une maison de santé, d'un asile ... [03/07/1966]

 

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lundi, 23 juin 2008

La chambre n° 77 : libre

La chambre n° 77 du petit hôtel La Louisiane, rue de Seine, à Paris, est désormais libre. Elle était occupée par Albert Cossery depuis 1945. Une minuscule pièce où l'écrivain égyptien de langue française a passé la plus grande partie de sa vie. Rarement un auteur a été autant en symbiose avec ses écrits. Il pourfendait la propriété et le travail : il n'a jamais rien possédé, si ce n'est ses vêtements.


C'est Henry Miller qui l'avait fait découvrir au monde, en publiant aux États-Unis son premier livre, un recueil de nouvelles coiffé d'un titre génial Les Hommes oubliés de Dieu. L'écrivain avait alors 27 ans et, déjà, son style, son message, ses principales caractéristiques en premier lieu l'ironie, la dérision et le dépouillement étaient contenus dans cet ouvrage.

Né au Caire en 1913, l'écrivain s'était installé à Paris en 1945. L'action de ses huit romans, tous écrits en français, se déroule en Égypte, le pays de son enfance où il s'était si peu rendu par la suite. Si l'Égyptien maîtrisait parfaitement la langue de Voltaire, c'était grâce aux écoles françaises du Caire qui l'avaient accueilli jusqu'à ses 17 ans. « À l'âge de 10 ans, je n'ai pas lu des livres pour enfants, mais les grands classiques de la littérature française », nous avait-il affirmé presque aphone du fait d'une trachéotomie. Mais sa vitalité, son regard vif, sa démarche altière étaient surprenants chez cet homme de 94 ans. Même son silence était teinté d'ironie.

Figure de Saint-Germain-des-Prés dont il avait fréquenté les belles heures, au temps de Boris Vian, il avait obtenu le Grand Prix de la francophonie pour l'ensemble de son œuvre. Avec le prix Méditerranée, c'était la seule distinction re­çue par ce personnage à la fois misanthrope et curieux de tout.

On a souvent décrit Albert Cossery comme le « Voltaire du Nil » du fait de son esprit sarcastique sur le pouvoir et la société. L'ami d'Albert Camus, qui avait aussi connu Jean Genet, Juliette Gréco et Mouloudji, avait souvent usé de la dérision comme d'un stylet. Ainsi, dans un de ses livres intitulé La Violence et la Dérision, Cossery met-il en scène une ville du Proche-Orient dirigée par un tyran ; les contestataires décident de lutter contre lui avec une drôle d'arme : le mépris et le rire.

Ou encore, dans Les Fainéants dans la vallée fertile, l'auteur pose un postulat délirant, à travers la vie d'une famille cairote : les hommes doivent être paresseux et refuser de travailler. Un membre de cette famille est resté dans son lit depuis un an, un autre ne veut pas se marier de peur de troubler son sommeil, un dernier sème la zizanie parce qu'il recherche un travail… Souvent, on rit à la lecture de ces pages, comme à la suite d'une bonne blague… mais dont on ne comprend la portée philosophique que longtemps après.

Dans le même registre, Mendiants et orgueilleux conte l'histoire d'un ancien professeur d'université qui décide de se faire mendiant afin de trouver la paix de l'âme…, et celle d'un autre personnage qui préférera, lui aussi, suivre le même destin. Enfin, dans Les Couleurs de l'infamie, son dernier, et peut-être meilleur livre (ses huit récits ont été rassemblés par Joëlle Losfeld, en deux volumes), Albert Cossery aborde la plupart de ses thèmes familiers : la possession, l'abus de pouvoir, la corruption.

L'histoire ? Un voleur, élégant et ironique (Cossery ?), crée une « association de voleurs philosophes » qui met au point une stratégie pour faire passer l'envie aux « escrocs officiels » d'abuser de leur pouvoir. C'est encore l'Égypte qui sert en toile de fond. Et l'écrivain démontre toujours une maîtrise de la langue française. Essayez donc d'enlever une seule phrase aux Couleurs de l'infamie, la construction est telle que vous rendrez bancale l'ensemble du roman.

Sous son air de dilettante, Albert Cossery travaillait et retravaillait inlassablement son œuvre, chaque jour, dans cette petite chambre d'hôtel. Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre est de (re) lire ses ouvrages.

Mohammed Aïssaoui
Le Figaro Littéraire 23/06/08

dimanche, 30 septembre 2007

Yumi

Janvier est le mois où l'on offre ses meilleurs voeux à ses amis. Les autres mois sont ceux où ils ne se réaliseront pas.

* *

Celui qui est amoureux de soi a au moins l'avantage de ne point avoir trop de rivaux.  Georg Christoph LICHTENBERG

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lundi, 10 septembre 2007

In memoriam (déprogrammé)

Alain Veinstein s'entretient avec l'auteur.
émission du lundi 10 septembre 2007.
Du Jour au Lendemain,  de 23h30 à 00h10.
Linda Lê / In memoriam.

Ed. Christian Bourgois, 2007.

émission du lundi 10 septembre 2007
Hommage à Guy Erismann

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 Ph. O.Roller

 

samedi, 14 avril 2007

Hôtel Racine

Si le mal de la passion nocturne ne taraudait pas mon cerveau ébranlé, je mettrais fin au sommeil et je déverserais le printemps sur les ténèbres. Mais je n'ai pas assez de sève pour les bourgeons de la nuit... Trop souvent obligé de veiller inutilement sur leur tranquillité, face à face avec moi-même, je me suis retrouvé hagard dans des pensées ...
... Tout ce qui est vivant naît d'un durcissement de la souffrance dans son combat contre la lumière. Le jour ? La santé de nos vices.
Un décadent de l'aurore...

Prose poétique - Bréviaire des vaincus, Éd.Gallimard.
70 épisodes écrits par Cioran entre 1940 et 1944 dans sa chambre de l'Hôtel Racine à Paris. La pensée qui s'y exprime est remplie d'ombres dont on se réjouira qu'elles s'éclairent au style d'une mise en phrases poétiques.

Plumart

 

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dimanche, 26 novembre 2006

Dieppe

Je suis dans un très grand salon qui donne sur la mer, et qui fait penser à quelque intérieur de roman anglais ou russes du siècle dernier.[Cahiers, 22 juillet 1970]

 

21 août – Retour de Dieppe.

 

« l'Art de péter » (Ed Payot, 10 euros)., essai du linguiste Pierre-Thomas-Nicolas Hurtaut. Lequel soutenait que « pisser sans péter, c'est aller à Dieppe sans voir la mer ».

vendredi, 24 novembre 2006

Der Letzte Tag


Jetzt sind wir wieder hier
Bei dir oben auf dem Dach
Die ganze Welt da unten
Kann von mir aus untergehen
Heute nacht
Sind wir zum letzen mal zusammen
Es hat doch grad erst angefangen

Wenn dieser Tag der letzte ist
Bitte sag es mir noch nicht
Wenn das dass ende für uns ist
Sags nich´
Noch nich´

Ist das etwa schon der Tag danach
Wo alle Uhren still stehn
Wo´s am Horizont zu ende ist
Und alle träume schlafen geh´n
Sind wir zum letzen mal zusammen
Es hat doch grad erst angefangen

Wenn dieser Tag der letzte ist
Bitte sag es mir noch nicht
Wenn das dass ende für uns ist
Sags nich´
Noch nich´

Das ist der letzte Tag
Das ist der letzte Tag
Ist das der letzte regen
Bei dir oben aufm Dach
Ist das der letzte Segen
Und unsere letzte Nacht

Hat unser ende angefangen
Egal wir sind ja noch zusammen

Wenn dieser Tag der letzte ist
Bitte sag es mir noch nicht
Wenn das dass ende für uns ist
Sags nich´
Wenn dieser Tag der letzte ist
Bitte sag es mir noch nicht
Und wenn du bleibst dann sterbe ich
Noch nicht noch nicht
Noch nicht noch nicht

Ist das der letzte regen
Bei dir oben aufm Dach
Ist das der letzte Segen
Sags nich´
Noch nich´
Das ist der letzte Tag

 

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Tokio Hotel

lundi, 24 juillet 2006

Complet

Tous les hôtels du centre de Tokyo affichent "complet", je me suis retrouvé vers deux heures du matin dans une chambre insolite au vingt-sixième étage d'une tour de banlieue. Insomnies tenaces, car je redoute durant mon sommeil de me relever et de me défenestrer. Pour passer le temps, je regarde la télévision. Et si je crevais ici ? [23 Juillet 1981]

* 

Envoyé une carte à Cioran. Reprenant le mot qu’il a placé en épigraphe à son dernier livre, je lui dis que l’heure de fermeture ayant sonné dans les jardins de l’Occident, je me promène dans ceux de l’Orient ; j’aurais dû ajouter pour être véridique qu’en fait de jardins, ce sont plutôt d’immenses chantiers. [24 Juillet 1981]

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