mardi, 20 octobre 2009
Salaud
Tous mes défauts - et peut-être tous mes mérites - viennent de mon impuissance à écrire "au courant de la plume".
À mes ennemis : Si vous vous prenez pour des purs, je suis heureux d'être un salaud. [2 mars 1965]

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dimanche, 21 juin 2009
Hormis
Avoir commis tous les crimes, hormis celui d'être père.
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mercredi, 08 avril 2009
Être
Le secret d'un être coïncide avec les souffrances qu'il espère.
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vendredi, 13 mars 2009
"anthologie de la déglingue"
Sans bruit, les livres de Linda Lê s'imposent. De 1992 à 2007, des Evangiles du crime à In memoriam, en passant par une évocation de Marina Tsvétaïeva, ce sont toujours des textes brefs et cristallins, issus d'un entretien infini avec la bibliothèque, comme le faisait Maurice Blanchot. Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau se présente comme une suite d'hommages discrets aux écrivains aimés. Mais c'est aussi une traversée du XXe siècle dans ce qu'il a de plus juste, de plus inattendu, de plus détaché face au désir de grandeur.
Les figures de Linda Lê sont réfractaires. On voit passer des contrebandiers, des marginaux, des écorchés. Ils s'appellent notamment Osamu Dazai, Sandor Maraï, Ladislav Klima, Stig Dagerman, Ghérasim Luca ; sont respectivement japonais, hongrois, tchèque, suédois, roumain ; n'ont pas été consacrés sans cesse par les dictionnaires et les académies ; forment à eux seuls des terræ incognitæ des lettres mondiales. On mentionne leurs noms d'une voix hésitante, de peur qu'un incendie se propage. Leur réputation est impossible, leur absence totale de bons sentiments difficile à accepter. Ajoutez à cela une écriture radicale et ils prennent directement le chemin du purgatoire.
Histoire de naviguer dans une eau moins trouble, Linda Lê s'attache aussi dans ce volume à quelques personnages excentriques, malgré le désespoir. Bien que pouvant allégrement figurer dans une "anthologie de la déglingue", on se passionne pour un Uruguayen à l'humour vif, personnage loufoque qui semble ne rien craindre. Son nom : Felisberto Hernandez. Né à Montevideo en 1902, mort au même endroit en 1964, il est pianiste, autodidacte, auteur de récits et de nouvelles rassemblés dans Les Hortenses, Le Cheval perdu et Du temps de Clemente Colling. En avançant dans ces morceaux de prose subtils, on remarque la place majeure des notations sur le corps, les sensations qui forment l'éventail de la vie d'un écrivain. Le même Felisberto Hernandez affirme : "Au début, j'allais avec mon corps comme avec un innocent et j'étais contrarié de devoir m'occuper de lui ; mais plus tard, je n'y ai plus pensé et j'étais heureux."
A son tour, l'essayiste passe d'un état à un autre, aussi attentive aux soubresauts intérieurs qu'au monde extérieur. Errance dans les rues de Zurich, immobilité dans un train qui va de Lausanne à Milan. La silhouette joue un rôle primordial.
Robert Walser, le premier funambule que l'on croise dans le livre de Linda Lê, est l'incarnation parfaite d'une simple silhouette. Cet écrivain suisse de langue allemande, auteur magnifique du Brigand et des Enfants Tanner, cet homme qui souhaitait être invisible et qui aura vécu interné pendant les vingt-sept dernières années de sa vie, cet aristocrate pince-sans-rire, longiligne et coiffé d'un chapeau, tombe dans la neige au cours d'une millième promenade et meurt, le jour de Noël 1956. Ultimes traces d'un "flâneur impénitent", rassuré de n'avoir jamais rien possédé. Lui qui disait que ses tentatives poétiques sont comme des femmes qui dansent jusqu'à ce qu'elles s'écroulent de fatigue. Dans le sillage de Walser, Linda Lê poursuit la leçon de danse.
Linda Lê, AU FOND DE L'INCONNU POUR TROUVER DU NOUVEAU. Christian Bourgois, 140 p., 17 €.
Au Salon du livre, Stand Christian Bourgois (N.55), le mardi 17 mars 2009 à 19h00.
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lundi, 22 septembre 2008
Fatalité
Je ne comprends bien, je ne sens que le langage de la Fatalité. (22 sept. 1970)

15:58 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 20 avril 2008
Règle d'or de l'Être idéal
- Que faites-vous du matin au soir ?
- Je me subis.
Un livre est un suicide différé.
Chacun expie son premier instant.
Si on avait pu naître avant l’homme.
Dire que tant et tant ont réussi à mourir !
L’être idéal ? Un ange dévasté par l’humour.
Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu.
Règle d’or : laisser une image incomplète de soi…
Naissance et chaîne sont synonymes. Voir le jour, voir des menottes…
Quiconque se survit se méprise sans se l’avouer, et parfois sans le savoir.

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jeudi, 17 avril 2008
Orient
Dans l’ancienne Chine, les femmes, lorsqu’elles étaient en proie à la colère ou au chagrin, montaient sur de petites estrades, dressées spécialement pour elles dans la rue, et y donnaient libre cours à leur fureur ou à leurs lamentations. Ce genre de confessionnal devrait être ressuscité et adopté un peu partout, ne fût-ce que pour remplacer celui, désuet, de l’Église, ou celui, inopérant, de telle ou telle thérapeutique.
L’Occident : une pourriture qui sent bon, un cadavre parfumé. [De l’inconvénient d’être né]
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lundi, 18 février 2008
Acte
Bu hier soir chez S.T. quatre whiskies très forts. Rentré à 3 h ¼ du matin. Aujourd’hui, gueule de bois.
« L’acte ne colle pas à l’homme » - vérité des Upanishad ; - pour le bouddhisme, c’est le contraire, puisqu’on pourrait le désigner comme la doctrine de la souveraineté de l’acte. [18 février 1967]
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mardi, 01 janvier 2008
Notre planète !
05:00 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 09 décembre 2007
Dégringolade
J’ai toujours été sensible à la dégringolade des autres. Celle de d.G aux élections m’a fait quelque chose. Il y a quelques jours, j’ai failli lui envoyer, pour qu’il s’y penche à loisir, la ‘maxime’ de Lao-tseu. « Se retirer, à l’apogée de son mérite et de sa renommée, est la voie même du ciel. » [Cahiers, 6 déc 1965]
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