mardi, 27 octobre 2009

Confession d’une crapule, bien entendu.

Du Jour au Lendemain
par Alain Veinstein

du lundi au vendredi de 23h50 à 0h30

émission du vendredi 30 octobre 2009
Roland Jaccard / Sexe et sarcasmes

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mardi, 20 octobre 2009

Salaud

Tous mes défauts - et peut-être tous mes mérites - viennent de mon impuissance à écrire "au courant de la plume".

À mes ennemis : Si vous vous prenez pour des purs, je suis heureux d'être un salaud.
[2 mars 1965]

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dimanche, 11 octobre 2009

Autoportrait

 

Amoureux transi de Louise Brooks, Roland Jaccard n'en finit pas de chercher aujourd'hui des flappers, ces jeunes femmes libérées dont l'actrice américaine fut le modèle. Il en a trouvé une. C'est Carla Bruni.

 

 Il adore son « charmant visage». Du coup, il juge son mari très sympathique et même «fitzgéraldien». Il l'imagine en Sarkogatsby. On rêve. D'autant que, un peu plus loin, il confesse de la «tendresse» à l'égard de Bush. A 68 ans, Roland Jaccard ne change pas. Cet indécrottable séducteur a des naïvetés d'adolescent prolongé. Entre son Lausanne natal et son Paris d'adoption, il cultive la frivolité pour mieux tenir à distance ses contraires, où il excelle aussi : le cynisme, le pessimisme, le nihilisme.

 

«Sexe et sarcasmes» est un bon autoportrait. Il s'y montre à la fois élégant et goujat, généreux et pingre, narcissique et masochiste, attendrissant et antipathique. Il succombe aux jeunes Japonaises et se rappelle ses visites au vieux Cioran. Il aime le cinéma de Johnnie To et les livres de Wittgenstein. Aux échecs, il fait mat Grozdanovitch mais se flatte d'avoir été battu par Strauss-Kahn. Il déjeune avec Serge Doubrovsky et dîne avec Clément Rosset. Et il fait tant d'efforts, dans une si jolie prose, pour se présenter comme une crapule qu'on feint de le croire, par crainte de décevoir ses mauvaises ambitions.

 

«Sexe et sarcasmes», par Roland Jaccard, PUF, 112 p., 14 euros

Jérôme Garcin, Le Nouvel Obs 02/10/2009

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