vendredi, 31 mars 2006

L'Heure nouvelle

Dans la rue, tout à l’heure, l’agitation des gens me sembla ridicule, grotesque. « Adamov est devenu indifférent à tout cela », me suis-je dit. C’est ce que je me répète à la mort d’un ami.

Vers 1950 (?), Adamov fonda une revue, dont il ne parut à ma connaissance qu’un seul numéro : L’Heure nouvelle. Elle portait en épigraphe : L’Heure nouvelle est pour le moins très sévère.

L’air dont Adamov citait Rimbaud ! Arrivé à sévère, il regardait vers un impossible ciel, avec un air de croyant meurtri.

La preuve que quelqu’un a compté pour vous est que vous vous sentez diminué lorsqu’il meurt. C’est une perte de réalité qu’on subit – d’un coup on existe moins.

Adamov était certainement à l’intérieur de mon horizon, et à ma façon j’ai participé à sa longue agonie. (Cahiers,12 mars 1970)

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