dimanche, 08 avril 2012
Fièvre

" Dans la rue, une fièvre extraordinaire s'était emparée de moi : que de choses me restent à dire ! Je ne suis pas perdu puisque je suis capable d'éprouver des sensations aussi fortes, aussi rares." (Cahiers, sept.1966.)

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vendredi, 03 février 2012
Tombeau 2012
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jeudi, 22 septembre 2011
007 ?
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jeudi, 15 septembre 2011
Saint Roland
17:01 Publié dans Hara-kiri | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : shakespeare
lundi, 08 août 2011
Swift
17:54 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : swift
vendredi, 08 avril 2011
Salaud
17:48 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note
mercredi, 16 mars 2011
Cioran: gros "lot de débarras"
L'affaire a quelque chose d'une fable. Depuis 2005, le petit monde des lettres suit pas à pas le conflit qui oppose, autour de manuscrits de Cioran, la Chancellerie des universités de Paris à une brocanteuse des puces de Montreuil. La bataille vient de connaître une nouvelle phase, qui pourrait être la dernière. Le 11 mars, la cour d'appel de Paris a en effet confirmé la décision prise par le tribunal de justice en 2008 : les 37 cahiers à spirales que l'université réclame reviennent à leur "inventeur". Soit Simone Baulez, chiffonnière de son état, qui les a dénichés là où les éminents experts, qui pourtant les cherchaient, n'avaient pas su les découvrir : dans la cave de Cioran. S'il avait été encore de ce monde, le philosophe d'origine roumaine aurait-il perçu "une lueur démentant son pessimisme dans ce sauvetage de son oeuvre par une chiffonnière" ?
Me Roland Rappaport, l'avocat de Simone Baulez, soulevait la question en 2008. Il est vrai que, sans sa cliente, l'ensemble - estimé aujourd'hui à un million d'euros - aurait été perdu corps et biens : plusieurs états de la grande oeuvre de Cioran, De l'inconvénient d'être né, les cahiers de ses dernières années, des esquisses d'Écartèlements et d'Aveux et anathèmes. Un trésor, et une trouvaille presque miraculeuse.
"Lot de débarras"
C'est précisément ce que lui reprochent les plaignants : la Chancellerie des universités de Paris, responsable de la bibliothèque Jacques-Doucet qui comprend depuis 1995 le fonds Cioran, revendique les cahiers. À la mort du philosophe en 1995, Simone Boué, sa compagne et légataire, avait en effet affirmé son souhait d'offrir à la bibliothèque l'ensemble des manuscrits de son compagnon. "La donation, écrit-elle dans une lettre à la Chancellerie, comprendrait tous les manuscrits de Cioran en français comme en roumain, ayant fait l'objet d'une édition ou inédit."
En septembre 1997, elle meurt brutalement, sans avoir précisé davantage dans un testament ce qu'il devait advenir de ses biens. Son frère et légataire universel, Henry Boué, réaffirmera le désir de sa soeur de voir l'ensemble des manuscrits revenir à la bibliothèque. Devant lui, et en présence d'un représentant du Centre national du livre, propriétaire des droits de Cioran, et de Yannick Guillou, éditeur chez Gallimard et exécuteur testamentaire, un notaire établit un inventaire du deux-pièces que le couple occupait rue de l'Odéon. Il décrit par le menu des glaces, des appliques, des tables de bois peint, des fauteuils en osier, un kilim et jusqu'à une radiocassette. Dans la cave, "un lot de débarras ne méritant pas description". Selon le document, "il n'a été découvert de livres, ouvrages, manuscrits de Monsieur Émile Cioran" ce jour-là.
La précision a de quoi étonner : Yves Peyré, directeur de la bibliothèque Jacques-Doucet, également présent lors de l'inventaire, affirme de son côté, dans une attestation rédigée a posteriori, avoir emmené, dans les jours suivants, un ensemble de manuscrits, de documents et de livres qui "avaient sens au regard de l'image littéraire de Cioran". En quantité suffisante, du reste, pour s'être fait aider d'un "magasinier de la bibliothèque". La contradiction avec le bilan de l'inventaire est manifeste. Yves Peyré affirme, en outre, avoir procédé à une fouille minutieuse du petit appartement de la rue de l'Odéon, jusqu'à sonder les plafonds et le parquet. La cave, elle, n'est pas visitée. Faute de clef, et parce que l'expert avait "relevé qu'elle ne contenait rien de significatif", dit-il.
Invention
Rien de significatif. C'est là pourtant, dans le "lot de débarras", que Simone Baulez, chargée de vider l'appartement plusieurs mois plus tard, découvre les cahiers à spirales. En 2005, elle se décide à en céder une partie lors d'une vente à Drouot. Avertie, la Chancellerie des universités fait arrêter la vente et intente une action en justice.
"Personne ne croit à la théorie de la brocanteuse, affirme Me Jean-François Canat, l'avocat de l'université. Des précautions matérielles avaient été prises pour que l'on ne se trouve pas dans cette situation. Cinq personnes, dans 50 m2, recherchaient expressément ces manuscrits." Impossible, selon lui, que Simone Baulez les y ait trouvés. D'où proviendrait l'ensemble, en ce cas ? Me Canat admet n'avoir, là-dessus, aucune explication. Celle de Me Rappaport est simple : le collège de brillants intellectuels présents lors de l'inventaire n'a pas cru bon de se salir les mains dans la cave. "Blâmable légèreté", selon le tribunal de justice de Paris.
L'université pourrait, désormais, se pourvoir en cassation. Si elle ne le fait pas, "la brocanteuse" gardera propriété des cahiers, et pourra donc les vendre - la Roumanie est déjà sur les rangs.
Par Marion Cocquet
Le Point, 16/03/2011/
17:06 Publié dans Roland Jaccard | Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : emil cioran, simone baulez, simone boué
mardi, 19 octobre 2010
Cronos
Linda Lê
France Culture - Du jour au lendemain : 20.10.2010 - 23:30
Alain Veinstein reçoit Linda Lê pour son roman "Cronos" (Christian Bourgois)
Linda Lê est née en 1963. Elle habite Paris. Depuis Dalat, sa ville natale du Viêt-nam, jusqu'à Paris, il y a eu de nombreuses étapes : Saïgon d'abord et ses
études au lycée français, puis après la chute de Saïgon, son rapatriement en France avec sa mère française et sa soeur. Après avoir publié très jeune trois livres, elle a publié Les Evangiles du crime dont une presse unanime a salué l'originalité exceptionnelle. En 1993, Christian Bourgois a édité son cinquième livre,
le roman Calomnies (traduit et publié aux Etats-Unis, aux Pays-Bas et au Portugal) puis en 1995, Les dits d'un idiot. Les Trois Parques et Voix ont paru chez Christian Bourgois Editeur en 1998 et Lettre morte en 1999.
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vendredi, 23 juillet 2010
Vacances
« La guerre de 14, c'était pas des vacances. Heureusement dans un sens, parce qu'il a pas fait beau. » Coluche

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mardi, 01 juin 2010
Médecin
" - Commens faites-vous, sans médecins ?
- Nous mourrons nous-mêmes. " Raoul Ponchon

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jeudi, 07 janvier 2010
Babylone lémanique
Un témoignage de l'écrivain lausannois Roland Jaccard : Chessex, Lausanne et Polanski,
Jacques Chessex était le seul écrivain vaudois avec lequel je pouvais encore parler du Lausanne des années 1950, de Yul Brynner et d'Audrey Hepburn que nous croisions à la rue de Bourg, de Jack Palance - il ne tarissait pas d'éloges à son sujet - qui occupait une des tours du château d'Ouchy, de Samuel Chevallier, le créateur du « Quart d'heure vaudois » à la radio, qui avait pour principe de ne jamais vivre plus de cinq ans avec la même femme, de la « Nouvelle Revue de Lausanne », quotidien radical où Freddy Buache aiguisait notre sens critique de jeunes cinéphiles, Philippe Jaccottet nous entretenait de poésie et André Marcel, des procès qui secouaient la bonne société.
Nous pensions alors que Lausanne était vraiment une ville cosmopolite et que rien n'égalerait jamais le supplément littéraire de «la Gazette de Lausanne» dirigée par Frank Jorterand. Nous partagions la certitude de vivre au centre du monde : les rares moments d'intimité que j'ai partagés avec Jacques Chessex étaient liés à notre évocation de cette Babylone lémanique.
Jacques Chessex m'a écrit quelques lettres. La seule que j'ai gardée en mémoire était celle où il disait que nous manifestions tous les deux un certain courage en nous affichant avec de très jeunes filles. Qu'il soit décédé alors même qu'un médecin l'interpellait à propos de Roman Polanski l'a grandi à mes yeux. Les circonstances dans lesquelles meurt un créateur en disent autant sur ce que fut sa vie que la plus fouillée des biographies.
La dernière fois que je l'ai eu au téléphone, c'était après la publication d'« Un juif pour l'exemple », son meilleur roman. Je lui avais proposé d'écrire pour ma collection un bref essai sur l'humour vaudois. Il m'avait répondu qu'il n'y a plus d'humour vaudois. Il n'avait pas tort.
Une dernière anecdote. Quand nous nous croisions sur un plateau télé dans les années 1980, il ne manquait jamais de me dire : « Publier chez Grasset, notre éditeur, rend beau. » Il me semble que Chessex accordait une certaine importance à la postérité. Je ne doute pas qu'elle l'accueillera les bras grands ouverts. Le cimetière de Ropraz deviendra mythique, le juif Bloch lâchement assassiné à Payerne en 1942 aura droit à une rue comme l'espérait Jacques et « la Confession du pasteur Burg » retentira encore longtemps dans le coeur des lycéennes lausannoises. Que peut-on souhaiter de plus ?
Le Nouvel Observateur du 7 janvier 2010.
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mercredi, 06 janvier 2010
Angoisse 2010
La citation du jour (Le Figaro)

" L'angoisse est la disposition fondamentale qui nous place face au néant. "
Martin Heidegger : De l'essence de la vérité.
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vendredi, 01 janvier 2010
Flappers
11:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 23 novembre 2009
Éphéméride
La citation du jour (Le Figaro):
"Pensent profondément ceux-là seuls qui n'ont pas le malheur d'être affligés du sens du ridicule." (Cioran, Ecartèlement)

Anniversaire du jour :

Francis Cabrel
Compositeur et interprète français 56 ans
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dimanche, 15 novembre 2009
Femmes
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vendredi, 06 novembre 2009
Voeux
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dimanche, 01 novembre 2009
Fatigue
« Ne vous tuez pas au boulot; achetez un revolver, c'est moins fatigant.» P.Doris
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mardi, 27 octobre 2009
Confession d’une crapule, bien entendu.
Du Jour au Lendemain
par Alain Veinstein
du lundi au vendredi de 23h50 à 0h30
émission du vendredi 30 octobre 2009
Roland Jaccard / Sexe et sarcasmes

22:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
mardi, 20 octobre 2009
Salaud
Tous mes défauts - et peut-être tous mes mérites - viennent de mon impuissance à écrire "au courant de la plume".
À mes ennemis : Si vous vous prenez pour des purs, je suis heureux d'être un salaud. [2 mars 1965]

22:20 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 11 octobre 2009
Autoportrait
Amoureux transi de Louise Brooks, Roland Jaccard n'en finit pas de chercher aujourd'hui des flappers, ces jeunes femmes libérées dont l'actrice américaine fut le modèle. Il en a trouvé une. C'est Carla Bruni.
Il adore son « charmant visage». Du coup, il juge son mari très sympathique et même «fitzgéraldien». Il l'imagine en Sarkogatsby. On rêve. D'autant que, un peu plus loin, il confesse de la «tendresse» à l'égard de Bush. A 68 ans, Roland Jaccard ne change pas. Cet indécrottable séducteur a des naïvetés d'adolescent prolongé. Entre son Lausanne natal et son Paris d'adoption, il cultive la frivolité pour mieux tenir à distance ses contraires, où il excelle aussi : le cynisme, le pessimisme, le nihilisme.
«Sexe et sarcasmes» est un bon autoportrait. Il s'y montre à la fois élégant et goujat, généreux et pingre, narcissique et masochiste, attendrissant et antipathique. Il succombe aux jeunes Japonaises et se rappelle ses visites au vieux Cioran. Il aime le cinéma de Johnnie To et les livres de Wittgenstein. Aux échecs, il fait mat Grozdanovitch mais se flatte d'avoir été battu par Strauss-Kahn. Il déjeune avec Serge Doubrovsky et dîne avec Clément Rosset. Et il fait tant d'efforts, dans une si jolie prose, pour se présenter comme une crapule qu'on feint de le croire, par crainte de décevoir ses mauvaises ambitions.
«Sexe et sarcasmes», par Roland Jaccard, PUF, 112 p., 14 euros
Jérôme Garcin, Le Nouvel Obs 02/10/2009

23:45 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 30 septembre 2009
Prévu
« D'avoir prévu ma mort depuis l'âge de quinze ans ne m'a protégée de rien cet hiver-là; j'étais comme mon grand-père qui est mort à cent un ans dans des grimaces de défi lancé au monde invisible qui voulait s'en emparer. Au dernier moment dans sa chambre d'hôpital où enfants et petits-enfants l'entouraient, il s'est relevé en hurlant, il s'est accroché les doigts tordus par la rage au bras de mon père en fixant le plafond. Plus tard mon père a dit qu'en expirant il avait eu l'air d'un exorcisé, il a dit que mon grand-père avait peut-être trompé toute la famille en proférant la parole du Diable et non celle de Dieu. »
Nelly Arcan, Folle. Editions du Seuil, 2004.
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vendredi, 26 juin 2009
Intox volontaire
L'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA) affirme que les médicaments antidouleur de ce type peuvent être mortels en cas de surdosage.
Les Di-Antalvic et consorts n'auront bientôt plus droit de cité dans les tiroirs des pharmacies.(ou chez vous)
Ce retrait, déjà effectif en Grande-Bretagne et en Suède depuis cinq ans, intervient après une recommandation de l'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA). En Suède (pour 9 millions d'habitants), des études ont relevé 200 morts par an et en Grande-Bretagne (pour 60 millions d'habitants), entre 300 et 400 par an, à l'occasion d'intoxications volontaires (tentatives de suicide) ou accidentelles à ce médicament.
Délivré sur ordonnance depuis 1964, ce médicament est indiqué dans le traitement des douleurs modérées ou intenses, ou qui ne sont soulagées ni par l'aspirine, ni par le paracétamol, ni par l'ibuprofène utilisé seul, explique l'Afssaps.

B.Iorga, Oct 1992
Le Figaro-Santé.25/06/2009.
17:59 Publié dans Hara-kiri | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
dimanche, 21 juin 2009
Hormis
Avoir commis tous les crimes, hormis celui d'être père.
12:04 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
jeudi, 14 mai 2009
Jours
11:41 Publié dans Hara-kiri | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note
vendredi, 01 mai 2009
« Cahier Cioran »
Cioran avait choisi le français et d’être un écrivain français, abandonnant pour toujours sa langue. «Mon père et lui parlaient toujours français ensemble», dit Laurence Tacou. A la fin de sa vie, frappé par la maladie d’Alzheimer et hospitalisé, il continuait à ne parler que français. Toujours, pourtant, il restait hanté par son pays. La «révolution» de décembre 1989 le fascina comme «la résurrection tragique d’un peuple». Mais il ne revit jamais la Roumanie et son village natal des contreforts des Carpates. Le passé devait rester le passé.
Libération 09/04/09
Cahier de l’Herne «Cioran» Dirigé par Laurence Tacou et Vincent Piednoir, 540 pp., 39 euros.
11:09 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (2) | Envoyer cette note
dimanche, 19 avril 2009
For intérieur
For intérieur
France Culture
de 19h à 20h
par Olivier-Germain-Thomas
émission du dimanche 19 avril 2009
Linda Lê, écrivain
13:20 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
mercredi, 08 avril 2009
Être
Le secret d'un être coïncide avec les souffrances qu'il espère.
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vendredi, 13 mars 2009
"anthologie de la déglingue"
Sans bruit, les livres de Linda Lê s'imposent. De 1992 à 2007, des Evangiles du crime à In memoriam, en passant par une évocation de Marina Tsvétaïeva, ce sont toujours des textes brefs et cristallins, issus d'un entretien infini avec la bibliothèque, comme le faisait Maurice Blanchot. Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau se présente comme une suite d'hommages discrets aux écrivains aimés. Mais c'est aussi une traversée du XXe siècle dans ce qu'il a de plus juste, de plus inattendu, de plus détaché face au désir de grandeur.
Les figures de Linda Lê sont réfractaires. On voit passer des contrebandiers, des marginaux, des écorchés. Ils s'appellent notamment Osamu Dazai, Sandor Maraï, Ladislav Klima, Stig Dagerman, Ghérasim Luca ; sont respectivement japonais, hongrois, tchèque, suédois, roumain ; n'ont pas été consacrés sans cesse par les dictionnaires et les académies ; forment à eux seuls des terræ incognitæ des lettres mondiales. On mentionne leurs noms d'une voix hésitante, de peur qu'un incendie se propage. Leur réputation est impossible, leur absence totale de bons sentiments difficile à accepter. Ajoutez à cela une écriture radicale et ils prennent directement le chemin du purgatoire.
Histoire de naviguer dans une eau moins trouble, Linda Lê s'attache aussi dans ce volume à quelques personnages excentriques, malgré le désespoir. Bien que pouvant allégrement figurer dans une "anthologie de la déglingue", on se passionne pour un Uruguayen à l'humour vif, personnage loufoque qui semble ne rien craindre. Son nom : Felisberto Hernandez. Né à Montevideo en 1902, mort au même endroit en 1964, il est pianiste, autodidacte, auteur de récits et de nouvelles rassemblés dans Les Hortenses, Le Cheval perdu et Du temps de Clemente Colling. En avançant dans ces morceaux de prose subtils, on remarque la place majeure des notations sur le corps, les sensations qui forment l'éventail de la vie d'un écrivain. Le même Felisberto Hernandez affirme : "Au début, j'allais avec mon corps comme avec un innocent et j'étais contrarié de devoir m'occuper de lui ; mais plus tard, je n'y ai plus pensé et j'étais heureux."
A son tour, l'essayiste passe d'un état à un autre, aussi attentive aux soubresauts intérieurs qu'au monde extérieur. Errance dans les rues de Zurich, immobilité dans un train qui va de Lausanne à Milan. La silhouette joue un rôle primordial.
Robert Walser, le premier funambule que l'on croise dans le livre de Linda Lê, est l'incarnation parfaite d'une simple silhouette. Cet écrivain suisse de langue allemande, auteur magnifique du Brigand et des Enfants Tanner, cet homme qui souhaitait être invisible et qui aura vécu interné pendant les vingt-sept dernières années de sa vie, cet aristocrate pince-sans-rire, longiligne et coiffé d'un chapeau, tombe dans la neige au cours d'une millième promenade et meurt, le jour de Noël 1956. Ultimes traces d'un "flâneur impénitent", rassuré de n'avoir jamais rien possédé. Lui qui disait que ses tentatives poétiques sont comme des femmes qui dansent jusqu'à ce qu'elles s'écroulent de fatigue. Dans le sillage de Walser, Linda Lê poursuit la leçon de danse.
Linda Lê, AU FOND DE L'INCONNU POUR TROUVER DU NOUVEAU. Christian Bourgois, 140 p., 17 €.
Au Salon du livre, Stand Christian Bourgois (N.55), le mardi 17 mars 2009 à 19h00.
21:49 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 février 2009
Au fond
Du Jour au Lendemain 13 février 2009 de 23h30 à 00h10
France Culture
Linda Lê ![]()
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau
Christian Bourgois - janvier 2009
![]()
« La littérature n'est pas faite pour les acquittés, elle n'est pas faite pour les élus. Elle est dans le camp des victimes et des sacrifiés, dans le camp des condamnés qui essayent, comme moi, de trouver leur salut et qui se cassent les dents. » Linda Lê
21:56 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
lundi, 05 janvier 2009
M
Les femmes aiment les miroirs et les hommes aiment la mort. (Jean Clair)
20:02 Publié dans Blog | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note












