vendredi, 26 juin 2009

Intox volontaire

L'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA) affirme que les médicaments antidouleur de ce type peuvent être mortels en cas de surdosage.

 

Les Di-Antalvic et consorts n'auront bientôt plus droit de cité dans les tiroirs des pharmacies.(ou chez vous)

 

Ce retrait, déjà effectif en Grande-Bretagne et en Suède depuis cinq ans, intervient après une recommandation de l'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA). En Suède (pour 9 millions d'habitants), des études ont relevé 200 morts par an et en Grande-Bretagne (pour 60 millions d'habitants), entre 300 et 400 par an, à l'occasion d'intoxications volontaires (tentatives de suicide) ou accidentelles à ce médicament.

 

Délivré sur ordonnance depuis 1964, ce médicament est indiqué dans le traitement des douleurs modérées ou intenses, ou qui ne sont soulagées ni par l'aspirine, ni par le paracétamol, ni par l'ibuprofène utilisé seul, explique l'Afssaps.

 

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B.Iorga, Oct 1992 

 

Le Figaro-Santé.25/06/2009.

dimanche, 21 juin 2009

Hormis

Avoir commis tous les crimes, hormis celui d'être père.

jeudi, 14 mai 2009

Jours

« Attenter à ses jours » - Quelle expression juste ! Ce que nous possédons c'est en effet cela : des jours, des jours et c'est tout ce à quoi nous pouvons porter atteinte.

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vendredi, 01 mai 2009

« Cahier Cioran »

Cioran avait choisi le français et d’être un écrivain français, abandonnant pour toujours sa langue. «Mon père et lui parlaient toujours français ensemble», dit Laurence Tacou. A la fin de sa vie, frappé par la maladie d’Alzheimer et hospitalisé, il continuait à ne parler que français. Toujours, pourtant, il restait hanté par son pays. La «révolution» de décembre 1989 le fascina comme «la résurrection tragique d’un peuple». Mais il ne revit jamais la Roumanie et son village natal des contreforts des Carpates. Le passé devait rester le passé.

Libération 09/04/09
Cahier de l’Herne «Cioran» Dirigé par Laurence Tacou et Vincent Piednoir, 540 pp., 39 euros.

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dimanche, 19 avril 2009

For intérieur

For intérieur
France Culture

de 19h à 20h
par Olivier-Germain-Thomas
émission du dimanche 19 avril 2009
Linda Lê, écrivain

mercredi, 08 avril 2009

Être

Le secret d'un être coïncide avec les souffrances qu'il espère.

vendredi, 13 mars 2009

"anthologie de la déglingue"

Sans bruit, les livres de Linda Lê s'imposent. De 1992 à 2007, des Evangiles du crime à In memoriam, en passant par une évocation de Marina Tsvétaïeva, ce sont toujours des textes brefs et cristallins, issus d'un entretien infini avec la bibliothèque, comme le faisait Maurice Blanchot. Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau se présente comme une suite d'hommages discrets aux écrivains aimés. Mais c'est aussi une traversée du XXe siècle dans ce qu'il a de plus juste, de plus inattendu, de plus détaché face au désir de grandeur.

Les figures de Linda Lê sont réfractaires. On voit passer des contrebandiers, des marginaux, des écorchés. Ils s'appellent notamment Osamu Dazai, Sandor Maraï, Ladislav Klima, Stig Dagerman, Ghérasim Luca ; sont respectivement japonais, hongrois, tchèque, suédois, roumain ; n'ont pas été consacrés sans cesse par les dictionnaires et les académies ; forment à eux seuls des terræ incognitæ des lettres mondiales. On mentionne leurs noms d'une voix hésitante, de peur qu'un incendie se propage. Leur réputation est impossible, leur absence totale de bons sentiments difficile à accepter. Ajoutez à cela une écriture radicale et ils prennent directement le chemin du purgatoire.

Histoire de naviguer dans une eau moins trouble, Linda Lê s'attache aussi dans ce volume à quelques personnages excentriques, malgré le désespoir. Bien que pouvant allégrement figurer dans une "anthologie de la déglingue", on se passionne pour un Uruguayen à l'humour vif, personnage loufoque qui semble ne rien craindre. Son nom : Felisberto Hernandez. Né à Montevideo en 1902, mort au même endroit en 1964, il est pianiste, autodidacte, auteur de récits et de nouvelles rassemblés dans Les Hortenses, Le Cheval perdu et Du temps de Clemente Colling. En avançant dans ces morceaux de prose subtils, on remarque la place majeure des notations sur le corps, les sensations qui forment l'éventail de la vie d'un écrivain. Le même Felisberto Hernandez affirme : "Au début, j'allais avec mon corps comme avec un innocent et j'étais contrarié de devoir m'occuper de lui ; mais plus tard, je n'y ai plus pensé et j'étais heureux."

A son tour, l'essayiste passe d'un état à un autre, aussi attentive aux soubresauts intérieurs qu'au monde extérieur. Errance dans les rues de Zurich, immobilité dans un train qui va de Lausanne à Milan. La silhouette joue un rôle primordial.

Robert Walser, le premier funambule que l'on croise dans le livre de Linda Lê, est l'incarnation parfaite d'une simple silhouette. Cet écrivain suisse de langue allemande, auteur magnifique du Brigand et des Enfants Tanner, cet homme qui souhaitait être invisible et qui aura vécu interné pendant les vingt-sept dernières années de sa vie, cet aristocrate pince-sans-rire, longiligne et coiffé d'un chapeau, tombe dans la neige au cours d'une millième promenade et meurt, le jour de Noël 1956. Ultimes traces d'un "flâneur impénitent", rassuré de n'avoir jamais rien possédé. Lui qui disait que ses tentatives poétiques sont comme des femmes qui dansent jusqu'à ce qu'elles s'écroulent de fatigue. Dans le sillage de Walser, Linda Lê poursuit la leçon de danse.

Linda Lê, AU FOND DE L'INCONNU POUR TROUVER DU NOUVEAU. Christian Bourgois, 140 p., 17 €.
Au Salon du livre, Stand Christian Bourgois (N.55), le mardi 17 mars 2009 à 19h00.

 

Jean-Philippe Rossignol
Le Monde des livres 05/03/2009

vendredi, 13 février 2009

Au fond

Du Jour au Lendemain 13 février 2009 de 23h30 à 00h10
France Culture

Linda Lê
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau
Christian Bourgois - janvier 2009


« La littérature n'est pas faite pour les acquittés, elle n'est pas faite pour les élus. Elle est dans le camp des victimes et des sacrifiés, dans le camp des condamnés qui essayent, comme moi, de trouver leur salut et qui se cassent les dents. » Linda Lê

lundi, 05 janvier 2009

M

Les femmes aiment les miroirs et les hommes aiment la mort. (Jean Clair)

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Laurie Lipton

jeudi, 01 janvier 2009

La fin

La disparition du silence, disait Cioran, doit être comptée parmi les indices annonciateurs de la fin.

Le suicide, comme le plus court chemin de soi à soi.
Un journal, comme mise à distance de soi à soi.
(Jean Clair, Journal atrabilaire, 2006)

dimanche, 07 décembre 2008

De l'inconvénient d'être né

Dans l'affaire dite des manuscrits de Cioran, le tribunal de grande instance de Paris a jugé, mercredi 3 décembre, que la chancellerie des universités de Paris, représentant la bibliothèque Jacques-Doucet, était "dépourvue de tout droit sur les manuscrits litigieux qu'elle revendique". Simone Baulez, une brocanteuse qui, en débarrassant l'appartement de la veuve de l'écrivain roumain, avait découvert 34 cahiers comprenant plusieurs versions de De l'inconvénient d'être né, ainsi qu'un journal inédit d'Emil Cioran, de 1972 à 1980, "pourra disposer librement" de ces fameux manuscrits. La justice a estimé que "ces manuscrits ne sont jamais entrés dans le patrimoine de la chancellerie." Cette dernière est même condamnée à payer 4 500 € à Mme Baulez. Le jugement est exécutoire d'office, mais la partie déboutée peut faire appel. En 2005, c'est pour éviter une première vente aux enchères que la justice avait été saisie. Depuis, l'estimation de ces documents est passée de 150 000 € à plus d'un million d'euros. (LE MONDE : 04.12.2008)

mardi, 25 novembre 2008

Abhidarmakoçavyâkhyâ

 

«  Qu'est-ce que le mal ? C'est ce qui est fait en vue d'un bonheur de ce monde. » 
Abhidarmakoçavyâkhyâ
Il fallait bien un titre pareil pour faire passer une telle réponse.


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dimanche, 23 novembre 2008

Hôtel Terminus

 

Ils y entrent par hasard ou parce qu’ils y ont rendez-vous. Ils y travaillent ou y ont de vieilles habitudes. Tous sont là, dans les chambres, la réception et le bar de l’Hôtel Terminus. La femme à la robe rouge, l’homme à l’imperméable, le VRP en chaussettes, Claire qui a donné rendez-vous à Paul, Jérôme et Muriel qui échouent là au retour d‘un enterrement, le couple venu rendre visite aux enfants, le vieux monsieur au bouquet, l’homme de dos. Et puis le barman-un ancien jongleur, le pianiste du bar-qui a rôdé dans bien des hôtels du monde, Leïla-la femme de chambre que l’on dit muette et le gardien de nuit qui veille sur tous. Il y a encore un lit et une chaise qui ont des choses à se dire et le mélangeur de la salle de bains qui n’est pas en reste.
Cela se passe du soir au matin, à l’heure des rêves et des remords, des retrouvailles et des adieux. Des brèves rencontres aussi. On rit, on pleure comme au théâtre. C’est l’histoire d’une nuit passée à l’Hôtel Terminus.


Avec : Jean-Michel Dupuis (le gardien de nuit), Bruno Allain (le pianiste de bar). Bernadette Le Saché, Jean-Louis Grinfeld et Didier Brice (chambre 101), Jean Lescot et Martine Sarcey (chambre 305), Caroline Chaniolleau et Nicolas Maury
(chambre 607), Jean-Claude Leguay (chambre 111), Nathalie Duverne et Daniel Delabesse (chambre 268), Sophie Broustal et Jean-Yves Berteloot (chambre 108), Clara Henry-Cumer (chambre 508), Paul Rièger et Sophie Rodrigues (chambre 511), Délia Roubtsova (Leila) et Eric Herson-Macarel (la voix des didascalies). Improvisations au piano de Jacques Bouniard.

France Culture émission du dimanche 23 novembre 2008
"Hôtel Terminus" de Jean-Pierre Thibaudat

 

 

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lundi, 22 septembre 2008

Fatalité

Je ne comprends bien, je ne sens que le langage de la Fatalité. (22 sept. 1970)

 

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dimanche, 06 juillet 2008

Goût

Je n’ai plus goût que pour les anecdotes, et la métaphysique hindoue. 

[12/07/66]

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jeudi, 03 juillet 2008

Vacances

Je me prépare pour aller à la mer; j'aurais besoin plutôt d'une maison de santé, d'un asile ... [03/07/1966]

 

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lundi, 23 juin 2008

La chambre n° 77 : libre

La chambre n° 77 du petit hôtel La Louisiane, rue de Seine, à Paris, est désormais libre. Elle était occupée par Albert Cossery depuis 1945. Une minuscule pièce où l'écrivain égyptien de langue française a passé la plus grande partie de sa vie. Rarement un auteur a été autant en symbiose avec ses écrits. Il pourfendait la propriété et le travail : il n'a jamais rien possédé, si ce n'est ses vêtements.


C'est Henry Miller qui l'avait fait découvrir au monde, en publiant aux États-Unis son premier livre, un recueil de nouvelles coiffé d'un titre génial Les Hommes oubliés de Dieu. L'écrivain avait alors 27 ans et, déjà, son style, son message, ses principales caractéristiques en premier lieu l'ironie, la dérision et le dépouillement étaient contenus dans cet ouvrage.

Né au Caire en 1913, l'écrivain s'était installé à Paris en 1945. L'action de ses huit romans, tous écrits en français, se déroule en Égypte, le pays de son enfance où il s'était si peu rendu par la suite. Si l'Égyptien maîtrisait parfaitement la langue de Voltaire, c'était grâce aux écoles françaises du Caire qui l'avaient accueilli jusqu'à ses 17 ans. « À l'âge de 10 ans, je n'ai pas lu des livres pour enfants, mais les grands classiques de la littérature française », nous avait-il affirmé presque aphone du fait d'une trachéotomie. Mais sa vitalité, son regard vif, sa démarche altière étaient surprenants chez cet homme de 94 ans. Même son silence était teinté d'ironie.

Figure de Saint-Germain-des-Prés dont il avait fréquenté les belles heures, au temps de Boris Vian, il avait obtenu le Grand Prix de la francophonie pour l'ensemble de son œuvre. Avec le prix Méditerranée, c'était la seule distinction re­çue par ce personnage à la fois misanthrope et curieux de tout.

On a souvent décrit Albert Cossery comme le « Voltaire du Nil » du fait de son esprit sarcastique sur le pouvoir et la société. L'ami d'Albert Camus, qui avait aussi connu Jean Genet, Juliette Gréco et Mouloudji, avait souvent usé de la dérision comme d'un stylet. Ainsi, dans un de ses livres intitulé La Violence et la Dérision, Cossery met-il en scène une ville du Proche-Orient dirigée par un tyran ; les contestataires décident de lutter contre lui avec une drôle d'arme : le mépris et le rire.

Ou encore, dans Les Fainéants dans la vallée fertile, l'auteur pose un postulat délirant, à travers la vie d'une famille cairote : les hommes doivent être paresseux et refuser de travailler. Un membre de cette famille est resté dans son lit depuis un an, un autre ne veut pas se marier de peur de troubler son sommeil, un dernier sème la zizanie parce qu'il recherche un travail… Souvent, on rit à la lecture de ces pages, comme à la suite d'une bonne blague… mais dont on ne comprend la portée philosophique que longtemps après.

Dans le même registre, Mendiants et orgueilleux conte l'histoire d'un ancien professeur d'université qui décide de se faire mendiant afin de trouver la paix de l'âme…, et celle d'un autre personnage qui préférera, lui aussi, suivre le même destin. Enfin, dans Les Couleurs de l'infamie, son dernier, et peut-être meilleur livre (ses huit récits ont été rassemblés par Joëlle Losfeld, en deux volumes), Albert Cossery aborde la plupart de ses thèmes familiers : la possession, l'abus de pouvoir, la corruption.

L'histoire ? Un voleur, élégant et ironique (Cossery ?), crée une « association de voleurs philosophes » qui met au point une stratégie pour faire passer l'envie aux « escrocs officiels » d'abuser de leur pouvoir. C'est encore l'Égypte qui sert en toile de fond. Et l'écrivain démontre toujours une maîtrise de la langue française. Essayez donc d'enlever une seule phrase aux Couleurs de l'infamie, la construction est telle que vous rendrez bancale l'ensemble du roman.

Sous son air de dilettante, Albert Cossery travaillait et retravaillait inlassablement son œuvre, chaque jour, dans cette petite chambre d'hôtel. Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre est de (re) lire ses ouvrages.

Mohammed Aïssaoui
Le Figaro Littéraire 23/06/08

samedi, 21 juin 2008

Maintenance électrique

Bonjour,
Afin de vous offrir de sécuriser encore davantage nos services, notre centre d’hébergement procédera à une maintenance électrique le dimanche 22 juin 2008 entre 3h et 5h (Paris Time). Pendant ces 2 heures, toutes les infrastructures du centre seront déconnectées et le service de blogs ainsi que vos blogs ne seront pas accessibles. Nous vous remercions de votre compréhension.

Bien cordialement,
L'équipe Hautetfort.

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vendredi, 13 juin 2008

Lits défaits

Bouche cruelle, regard dément ou désespéré, Louise Brooks n’a rien d’un ange de papier glacé. La beauté n’exorcise pas le malheur, telle pourrait être la première leçon de Portrait d’une flapper, la non-biographie de Louise Brooks que signe Roland Jaccard. Une « flapper », un mot qui grésille et enflamme, à l’image de ces garçonnes des années 20, héroïnes fitzgéraldiennes, dont Louise Brooks fut la dernière survivante. Et encore, a-t-elle réellement survécu aux succès, aux excès et surtout aux hommes ? Les hommes, eux, ont survécu à Louise Brooks. Roland Jaccard, qui fut très proche de cette « nymphe vampirique », poursuit son existence, de sexe triste en tristes lolitas et nous le raconte. Ce livre est donc l’histoire d’une chute, celle de Loulou au cinéma, Louise dans la vie, femme idolâtrée qui sut mieux que personne ce que c’est que d’ « avoir été la plus belle fille et tomber au plus bas ». Ce sont aussi les confidences d’un homme prisonnier de ses souvenirs. Se dire pour la dépeindre, la décrire pour se narrer, Roland Jaccard multiplie les jeux de miroirs entre lui et Louise Brooks. Avant tout, ce récit est une succession de lits défaits. A l’intérieur, plusieurs jeunes femmes qui tentent de rivaliser avec l’indomptable Louise, sans savoir que pour défier une « flapper », il faut être prête à tout perdre. La « flapper » a trop de cynisme pour plaire aux féministes et trop de lucidité pour ne pas jouer de cette toute-puissance qui ne dure que le temps d’une jeunesse. Elle agace les femmes, fascine les hommes et fait de sa vie une entreprise d’autodestruction. Louise Brooks envisageait d’intituler son autobiographie, « La Formation d’une petite conne », elle y aurait relaté de manière détaillée comment le voisin, Mister Flowers l’avait déniaisé à 12 ou 13 ans, annonçant une longue suite d’hommes à gueule d’escrocs, penchant irrémédiable pour les salauds chez cette candide perverse. Louise Brooks brûla les quatre cents pages de ses mémoires avant de mourir. Roland Jaccard, lui, n’a pas attendu pour offrir un somptueux hommage à sa sombre égérie.

Ode à une petite conne
Par Oriane Jeancourt

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mercredi, 11 juin 2008

Mammifrère

Nuit atroce. Vomissements, dégoût… avec des tripes pareilles on ne peut aller bien loin.
Lu hier un article de Cyrill Connelly sur Leopardi : «  This way to the Tomb ». - Un titre pour moi.



Après certaines nuits, il faut tout recommencer. C’est comme si on retournait de l’Enfer.


Dégobiller n’est jamais un acte purement physique.
Que de vomissements irréalisés n’ai-je pas traînés le long des jours ! Un mammifère écoeuré s’il en fut
. [11 juin 1966]


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jeudi, 24 avril 2008

Sensation

Il n’y a pas de sensation fausse.
 
N’est pas humble celui qui se hait.

N’a de convictions que celui qui n’a rien approfondi.

Une seule chose importe : apprendre à être perdant.

Ne plus vouloir être homme.., rêver d’une autre forme de déchéance.


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dimanche, 20 avril 2008

Règle d'or de l'Être idéal


- Que faites-vous du matin au soir ?
- Je me subis. 

Un livre est un suicide différé.

Chacun expie son premier instant.

Si on avait pu naître avant
l’homme.


Dire que tant et tant ont réussi à mourir !

L’être idéal ? Un ange dévasté par l’humour.

Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu.

Règle d’or : laisser une image incomplète de soi…

Naissance et chaîne sont synonymes. Voir le jour, voir des menottes…

Quiconque se survit se méprise sans se l’avouer, et parfois sans le savoir.

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jeudi, 17 avril 2008

Orient

Dans l’ancienne Chine, les femmes, lorsqu’elles étaient en proie à la colère ou au chagrin, montaient sur de petites estrades, dressées spécialement pour elles dans la rue, et y donnaient libre cours à leur fureur ou à leurs lamentations. Ce genre de confessionnal devrait être ressuscité et adopté un peu partout, ne fût-ce que pour remplacer celui, désuet, de l’Église, ou celui, inopérant, de telle ou telle thérapeutique.


L’Occident : une pourriture qui sent bon, un cadavre parfumé. [De l’inconvénient d’être né]

 

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mardi, 01 avril 2008

Ravie

Le bonheur général ne serait possible qu'au milieu d'une humanité complètement désabusée et qui en même temps ne fût pas trop amère, une humanité ravie de n'avoir plus aucune illusion en réserve...[28 avril 1971]


Ne pas se tuer est signe de complicité.

 

mardi, 25 mars 2008

Régénération

Gogol allant à Jérusalem dans l’espoir d’une « régénération », et n’y trouvant que la sécheresse qu’il y avait apportée. À Nazareth il s’ennuie comme dans une « gare en Russie ».
Gogol, après avoir livré au feu le second volume des Âmes mortes, se mit à pleurer.
[14 mars 1968]


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mardi, 18 mars 2008

Salon

Roland JACCARD - PUF - Portrait d'une flapper -
mardi 18/03/2008 à 20h00


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lundi, 18 février 2008

Acte

Bu hier soir chez S.T. quatre whiskies très forts. Rentré à 3 h ¼ du matin. Aujourd’hui, gueule de bois.

« L’acte ne colle pas à l’homme » - vérité des Upanishad ; - pour le bouddhisme, c’est le contraire, puisqu’on pourrait le désigner comme la doctrine de la souveraineté de l’acte.  [18 février 1967]

mercredi, 13 février 2008

Matière souffrante

Tous ceux qui ont misé sur nous et que nous nous sommes employés à decevoir.


Souffrir, souffrir, souffrir, -


Que la Matière continue son jeu, je m'en désintéresse.  [2 mars 1965]

 

mardi, 29 janvier 2008

Je me meurs...

Le Journal d'un homme de trop appartient aux premières œuvres de Tourgueniev.
Publiée en Russie en 1850 dans la revue Les Annales de la patrie, cette nouvelle ne paraîtra en volume que dix ans plus tard, fortement censurée. Un homme, encore jeune et malade, s'éteint peu à peu. Il emploie ses dernières forces à noter l'imminence de sa disparition tout en se remémorant les moments importants de sa vie. Ainsi se dessine le tableau d'une société russe provinciale, médiocre et mortifère, parsemée d'événements romanesques, tels qu'un amour contrarié, un bal ou un duel.
La vanité de toute entreprise, la fragilité humaine et le sentiment de la mort envahissent ces pages merveilleusement écrites. Seul le sentiment de la nature apporte un apaisement fugitif à cette lutte contre l'inéluctabilité du destin. Paru en France dès 1863, salué par les plus grands écrivains de l'époque, Le journal d'un homme de trop connut un vif succès.

 


Extrait du livre :


1er avril.

C’est fini… ma vie est éteinte. Je mourrai certainement aujourd’hui. Il fait chaud dehors, il fait presque étouffant…, ou bien sont-ce mes poumons qui ne respirent déjà plus ? J’ai joué ma petite comédie jusqu’au bout. Le rideau tombe. 
 
Je cesse d’être de trop en rentrant dans le néant. Ah ! comme le soleil est intense ! Ces rayons puissants respirent l’éternité…

Adieu, Térence !… Elle était assise à sa fenêtre, ce matin, et pleurait… Peut-être était-ce à cause de moi, peut-être était-ce parce que son tour de mourir doit arriver bientôt. Je lui ai fait promettre de ne pas maltraiter Trésor. Il m’est pénible d’écrire… Je jette la plume… Il est temps ! La mort ne m’arrive déjà plus avec ce bruit toujours croissant du tonnerre qui rappelle le roulement nocturne d’une voiture sur le pavé ; elle est ici, elle voltige autour de moi, pareille à ce souffle léger qui soulevait les cheveux du prophète…

Je me meurs… Vivez, vous autres !…

Et puisse la vie forte et jeune se jouer à l’entrée de mon tombeau,
Et la nature indifférente
Briller d’une éternelle beauté 

Nous avons trouvé sous ces dernières lignes l’esquisse d’une tête avec un grand toupet, des moustaches, des yeux fixes et des cils en rayons, et sous cette esquisse les mots monsieur et votre très humble serviteur répétés plusieurs fois. L’écriture de ces mots ne ressemble en rien à celle du manuscrit. Cette découverte nous donne le droit de supposer que le dessin et les mots ont été ajoutés après coup et par une main étrangère, d’autant plus que nous avons tout lieu de supposer que M. Tchoulkatourine est décédé, en effet, pendant la nuit du 1er au 2 avril, dans sa propriété héréditaire d’O…

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Ivan Sergueïevitch Tourgueniev, Le journal d'un homme de trop
Traduction de Françoise Flamant
Éditions Mercure de France, Collection Le petit Mercure

 

mardi, 15 janvier 2008

Roland ?

Le bonheur parfait selon vous ?
L'ennui.
A quel moment de votre vie avez-vous été la plus heureuse ?
A l'adolescence.
Votre dernier fou rire ?
«J'ai la mémoire qui flanche, je m'souviens plus très bien...»
Et la dernière fois que vous avez pleuré ?
A mon dernier fou rire.
Le principal trait de votre caractère ?
L'imprécision.
Et celui dont vous êtes la moins fière ?
Je ne suis pas particulièrement fière de mon caractère.
La qualité que vous préférez chez un homme ?
La liberté.
Et chez une femme ?
La force.
Votre plus grande peur ?
La mort.
Que possédez-vous de plus cher ?
Le minimum syndical de santé.
Qu'avez-vous réussi de mieux dans votre vie ?
A ne pas me poser ce genre de question.
Votre occupation préférée ?
La vie.
La figure historique à laquelle vous auriez aimé ressembler ?
Sigmund Freud. Mais sans les moustaches et sans le cigare!
La couleur que vous aimez ?
Je les aime toutes. Par exemple, pour mon teint, je préfère les couleurs sombres. Mais, pour le regard, les couleurs claires.
La fleur que vous aimez ?
La rose.
Le nom que vous préférez ?
Roland.
Votre livre de chevet ?
Je n'en ai pas: je ne suis pas une spécialiste du chevet.
Vos auteurs favoris ?
J'en ai 72 ou 85, et je refuse de faire un choix...
Vos compositeurs préférés ?
Comme pour les auteurs, je refuse, là aussi, de faire un choix...
Vos peintres favoris?
Turner, Raphaël, Bacon et Klimt.
Vos héros aujourd'hui ?
Tous les gens, souvent inconnus, qui s'intéressent aux autres plutôt qu'à eux-mêmes.
Votre boisson préférée ?
Le Coca-Cola. Et surtout pas light.
Si vous deviez changer une chose dans votre apparence physique?
Je changerais avant tout l'obligation d'avoir une apparence physique. Franchement, je ne sais pas quel est le fou qui a inventé le miroir.
Et que préférez-vous chez vous ?
L'odeur de ma peau.
Le talent que vous voudriez avoir ?
Tous.
Votre plus grand regret ?
Le temps qui passe.
Que détestez-vous par-dessus tout ?
La vitesse du temps qui passe.
Les fautes qui vous inspirent le plus d'indulgence ?
Toutes les fautes et surtout tous les péchés m'inspirent de l'indulgence, voire de la tendresse. Comment aimeriez-vous mourir ?
Vivante.
Etat présent de votre esprit ?
Assoupi.
Votre devise ?
Une parole de la chanteuse Juliette: « Il n'y a pas de plaisir superflu. »

L'Express du 18/09/2003

 

 

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jeudi, 10 janvier 2008

Idole

J'ai toute ma vie aimé piétiner ce que j'ai adoré. On ne se définit que contre ses idoles. (22 mars 1968)

dimanche, 06 janvier 2008

Corps

Notre corps nous souffle nos doctrines. (8 avril 1968)

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Ph. Ed Boubat, 1993.

mardi, 01 janvier 2008

Notre planète !

Qui n’a vu un bordel à cinq heures du matin ne peut se figurer vers quelles lassitudes s’achemine notre planète.

 

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