jeudi, 07 janvier 2010
Babylone lémanique
Un témoignage de l'écrivain lausannois Roland Jaccard : Chessex, Lausanne et Polanski,
Jacques Chessex était le seul écrivain vaudois avec lequel je pouvais encore parler du Lausanne des années 1950, de Yul Brynner et d'Audrey Hepburn que nous croisions à la rue de Bourg, de Jack Palance - il ne tarissait pas d'éloges à son sujet - qui occupait une des tours du château d'Ouchy, de Samuel Chevallier, le créateur du « Quart d'heure vaudois » à la radio, qui avait pour principe de ne jamais vivre plus de cinq ans avec la même femme, de la « Nouvelle Revue de Lausanne », quotidien radical où Freddy Buache aiguisait notre sens critique de jeunes cinéphiles, Philippe Jaccottet nous entretenait de poésie et André Marcel, des procès qui secouaient la bonne société.
Nous pensions alors que Lausanne était vraiment une ville cosmopolite et que rien n'égalerait jamais le supplément littéraire de «la Gazette de Lausanne» dirigée par Frank Jorterand. Nous partagions la certitude de vivre au centre du monde : les rares moments d'intimité que j'ai partagés avec Jacques Chessex étaient liés à notre évocation de cette Babylone lémanique.
Jacques Chessex m'a écrit quelques lettres. La seule que j'ai gardée en mémoire était celle où il disait que nous manifestions tous les deux un certain courage en nous affichant avec de très jeunes filles. Qu'il soit décédé alors même qu'un médecin l'interpellait à propos de Roman Polanski l'a grandi à mes yeux. Les circonstances dans lesquelles meurt un créateur en disent autant sur ce que fut sa vie que la plus fouillée des biographies.
La dernière fois que je l'ai eu au téléphone, c'était après la publication d'« Un juif pour l'exemple », son meilleur roman. Je lui avais proposé d'écrire pour ma collection un bref essai sur l'humour vaudois. Il m'avait répondu qu'il n'y a plus d'humour vaudois. Il n'avait pas tort.
Une dernière anecdote. Quand nous nous croisions sur un plateau télé dans les années 1980, il ne manquait jamais de me dire : « Publier chez Grasset, notre éditeur, rend beau. » Il me semble que Chessex accordait une certaine importance à la postérité. Je ne doute pas qu'elle l'accueillera les bras grands ouverts. Le cimetière de Ropraz deviendra mythique, le juif Bloch lâchement assassiné à Payerne en 1942 aura droit à une rue comme l'espérait Jacques et « la Confession du pasteur Burg » retentira encore longtemps dans le coeur des lycéennes lausannoises. Que peut-on souhaiter de plus ?
Le Nouvel Observateur du 7 janvier 2010.
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mercredi, 06 janvier 2010
Angoisse 2010
La citation du jour (Le Figaro)

" L'angoisse est la disposition fondamentale qui nous place face au néant. "
Martin Heidegger : De l'essence de la vérité.
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vendredi, 01 janvier 2010
Flappers
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lundi, 23 novembre 2009
Éphéméride
La citation du jour (Le Figaro):
"Pensent profondément ceux-là seuls qui n'ont pas le malheur d'être affligés du sens du ridicule." (Cioran, Ecartèlement)

Anniversaire du jour :

Francis Cabrel
Compositeur et interprète français 56 ans
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dimanche, 15 novembre 2009
Femmes
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vendredi, 06 novembre 2009
Voeux
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dimanche, 01 novembre 2009
Fatigue
« Ne vous tuez pas au boulot; achetez un revolver, c'est moins fatigant.» P.Doris
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mardi, 27 octobre 2009
Confession d’une crapule, bien entendu.
Du Jour au Lendemain
par Alain Veinstein
du lundi au vendredi de 23h50 à 0h30
émission du vendredi 30 octobre 2009
Roland Jaccard / Sexe et sarcasmes

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mardi, 20 octobre 2009
Salaud
Tous mes défauts - et peut-être tous mes mérites - viennent de mon impuissance à écrire "au courant de la plume".
À mes ennemis : Si vous vous prenez pour des purs, je suis heureux d'être un salaud. [2 mars 1965]

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dimanche, 11 octobre 2009
Autoportrait
Amoureux transi de Louise Brooks, Roland Jaccard n'en finit pas de chercher aujourd'hui des flappers, ces jeunes femmes libérées dont l'actrice américaine fut le modèle. Il en a trouvé une. C'est Carla Bruni.
Il adore son « charmant visage». Du coup, il juge son mari très sympathique et même «fitzgéraldien». Il l'imagine en Sarkogatsby. On rêve. D'autant que, un peu plus loin, il confesse de la «tendresse» à l'égard de Bush. A 68 ans, Roland Jaccard ne change pas. Cet indécrottable séducteur a des naïvetés d'adolescent prolongé. Entre son Lausanne natal et son Paris d'adoption, il cultive la frivolité pour mieux tenir à distance ses contraires, où il excelle aussi : le cynisme, le pessimisme, le nihilisme.
«Sexe et sarcasmes» est un bon autoportrait. Il s'y montre à la fois élégant et goujat, généreux et pingre, narcissique et masochiste, attendrissant et antipathique. Il succombe aux jeunes Japonaises et se rappelle ses visites au vieux Cioran. Il aime le cinéma de Johnnie To et les livres de Wittgenstein. Aux échecs, il fait mat Grozdanovitch mais se flatte d'avoir été battu par Strauss-Kahn. Il déjeune avec Serge Doubrovsky et dîne avec Clément Rosset. Et il fait tant d'efforts, dans une si jolie prose, pour se présenter comme une crapule qu'on feint de le croire, par crainte de décevoir ses mauvaises ambitions.
«Sexe et sarcasmes», par Roland Jaccard, PUF, 112 p., 14 euros
Jérôme Garcin, Le Nouvel Obs 02/10/2009

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mercredi, 30 septembre 2009
Prévu
« D'avoir prévu ma mort depuis l'âge de quinze ans ne m'a protégée de rien cet hiver-là; j'étais comme mon grand-père qui est mort à cent un ans dans des grimaces de défi lancé au monde invisible qui voulait s'en emparer. Au dernier moment dans sa chambre d'hôpital où enfants et petits-enfants l'entouraient, il s'est relevé en hurlant, il s'est accroché les doigts tordus par la rage au bras de mon père en fixant le plafond. Plus tard mon père a dit qu'en expirant il avait eu l'air d'un exorcisé, il a dit que mon grand-père avait peut-être trompé toute la famille en proférant la parole du Diable et non celle de Dieu. »
Nelly Arcan, Folle. Editions du Seuil, 2004.
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vendredi, 26 juin 2009
Intox volontaire
L'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA) affirme que les médicaments antidouleur de ce type peuvent être mortels en cas de surdosage.
Les Di-Antalvic et consorts n'auront bientôt plus droit de cité dans les tiroirs des pharmacies.(ou chez vous)
Ce retrait, déjà effectif en Grande-Bretagne et en Suède depuis cinq ans, intervient après une recommandation de l'Agence européenne d'évaluation des médicaments (EMEA). En Suède (pour 9 millions d'habitants), des études ont relevé 200 morts par an et en Grande-Bretagne (pour 60 millions d'habitants), entre 300 et 400 par an, à l'occasion d'intoxications volontaires (tentatives de suicide) ou accidentelles à ce médicament.
Délivré sur ordonnance depuis 1964, ce médicament est indiqué dans le traitement des douleurs modérées ou intenses, ou qui ne sont soulagées ni par l'aspirine, ni par le paracétamol, ni par l'ibuprofène utilisé seul, explique l'Afssaps.

B.Iorga, Oct 1992
Le Figaro-Santé.25/06/2009.
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dimanche, 21 juin 2009
Hormis
Avoir commis tous les crimes, hormis celui d'être père.
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jeudi, 14 mai 2009
Jours
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vendredi, 01 mai 2009
« Cahier Cioran »
Cioran avait choisi le français et d’être un écrivain français, abandonnant pour toujours sa langue. «Mon père et lui parlaient toujours français ensemble», dit Laurence Tacou. A la fin de sa vie, frappé par la maladie d’Alzheimer et hospitalisé, il continuait à ne parler que français. Toujours, pourtant, il restait hanté par son pays. La «révolution» de décembre 1989 le fascina comme «la résurrection tragique d’un peuple». Mais il ne revit jamais la Roumanie et son village natal des contreforts des Carpates. Le passé devait rester le passé.
Libération 09/04/09
Cahier de l’Herne «Cioran» Dirigé par Laurence Tacou et Vincent Piednoir, 540 pp., 39 euros.
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dimanche, 19 avril 2009
For intérieur
For intérieur
France Culture
de 19h à 20h
par Olivier-Germain-Thomas
émission du dimanche 19 avril 2009
Linda Lê, écrivain
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mercredi, 08 avril 2009
Être
Le secret d'un être coïncide avec les souffrances qu'il espère.
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vendredi, 13 mars 2009
"anthologie de la déglingue"
Sans bruit, les livres de Linda Lê s'imposent. De 1992 à 2007, des Evangiles du crime à In memoriam, en passant par une évocation de Marina Tsvétaïeva, ce sont toujours des textes brefs et cristallins, issus d'un entretien infini avec la bibliothèque, comme le faisait Maurice Blanchot. Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau se présente comme une suite d'hommages discrets aux écrivains aimés. Mais c'est aussi une traversée du XXe siècle dans ce qu'il a de plus juste, de plus inattendu, de plus détaché face au désir de grandeur.
Les figures de Linda Lê sont réfractaires. On voit passer des contrebandiers, des marginaux, des écorchés. Ils s'appellent notamment Osamu Dazai, Sandor Maraï, Ladislav Klima, Stig Dagerman, Ghérasim Luca ; sont respectivement japonais, hongrois, tchèque, suédois, roumain ; n'ont pas été consacrés sans cesse par les dictionnaires et les académies ; forment à eux seuls des terræ incognitæ des lettres mondiales. On mentionne leurs noms d'une voix hésitante, de peur qu'un incendie se propage. Leur réputation est impossible, leur absence totale de bons sentiments difficile à accepter. Ajoutez à cela une écriture radicale et ils prennent directement le chemin du purgatoire.
Histoire de naviguer dans une eau moins trouble, Linda Lê s'attache aussi dans ce volume à quelques personnages excentriques, malgré le désespoir. Bien que pouvant allégrement figurer dans une "anthologie de la déglingue", on se passionne pour un Uruguayen à l'humour vif, personnage loufoque qui semble ne rien craindre. Son nom : Felisberto Hernandez. Né à Montevideo en 1902, mort au même endroit en 1964, il est pianiste, autodidacte, auteur de récits et de nouvelles rassemblés dans Les Hortenses, Le Cheval perdu et Du temps de Clemente Colling. En avançant dans ces morceaux de prose subtils, on remarque la place majeure des notations sur le corps, les sensations qui forment l'éventail de la vie d'un écrivain. Le même Felisberto Hernandez affirme : "Au début, j'allais avec mon corps comme avec un innocent et j'étais contrarié de devoir m'occuper de lui ; mais plus tard, je n'y ai plus pensé et j'étais heureux."
A son tour, l'essayiste passe d'un état à un autre, aussi attentive aux soubresauts intérieurs qu'au monde extérieur. Errance dans les rues de Zurich, immobilité dans un train qui va de Lausanne à Milan. La silhouette joue un rôle primordial.
Robert Walser, le premier funambule que l'on croise dans le livre de Linda Lê, est l'incarnation parfaite d'une simple silhouette. Cet écrivain suisse de langue allemande, auteur magnifique du Brigand et des Enfants Tanner, cet homme qui souhaitait être invisible et qui aura vécu interné pendant les vingt-sept dernières années de sa vie, cet aristocrate pince-sans-rire, longiligne et coiffé d'un chapeau, tombe dans la neige au cours d'une millième promenade et meurt, le jour de Noël 1956. Ultimes traces d'un "flâneur impénitent", rassuré de n'avoir jamais rien possédé. Lui qui disait que ses tentatives poétiques sont comme des femmes qui dansent jusqu'à ce qu'elles s'écroulent de fatigue. Dans le sillage de Walser, Linda Lê poursuit la leçon de danse.
Linda Lê, AU FOND DE L'INCONNU POUR TROUVER DU NOUVEAU. Christian Bourgois, 140 p., 17 €.
Au Salon du livre, Stand Christian Bourgois (N.55), le mardi 17 mars 2009 à 19h00.
21:49 Publié dans Echec | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note
vendredi, 13 février 2009
Au fond
Du Jour au Lendemain 13 février 2009 de 23h30 à 00h10
France Culture
Linda Lê ![]()
Au fond de l'inconnu pour trouver du nouveau
Christian Bourgois - janvier 2009
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« La littérature n'est pas faite pour les acquittés, elle n'est pas faite pour les élus. Elle est dans le camp des victimes et des sacrifiés, dans le camp des condamnés qui essayent, comme moi, de trouver leur salut et qui se cassent les dents. » Linda Lê
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lundi, 05 janvier 2009
M
Les femmes aiment les miroirs et les hommes aiment la mort. (Jean Clair)
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jeudi, 01 janvier 2009
La fin
La disparition du silence, disait Cioran, doit être comptée parmi les indices annonciateurs de la fin.
Le suicide, comme le plus court chemin de soi à soi.
Un journal, comme mise à distance de soi à soi. (Jean Clair, Journal atrabilaire, 2006)
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dimanche, 07 décembre 2008
De l'inconvénient d'être né
Dans l'affaire dite des manuscrits de Cioran, le tribunal de grande instance de Paris a jugé, mercredi 3 décembre, que la chancellerie des universités de Paris, représentant la bibliothèque Jacques-Doucet, était "dépourvue de tout droit sur les manuscrits litigieux qu'elle revendique". Simone Baulez, une brocanteuse qui, en débarrassant l'appartement de la veuve de l'écrivain roumain, avait découvert 34 cahiers comprenant plusieurs versions de De l'inconvénient d'être né, ainsi qu'un journal inédit d'Emil Cioran, de 1972 à 1980, "pourra disposer librement" de ces fameux manuscrits. La justice a estimé que "ces manuscrits ne sont jamais entrés dans le patrimoine de la chancellerie." Cette dernière est même condamnée à payer 4 500 € à Mme Baulez. Le jugement est exécutoire d'office, mais la partie déboutée peut faire appel. En 2005, c'est pour éviter une première vente aux enchères que la justice avait été saisie. Depuis, l'estimation de ces documents est passée de 150 000 € à plus d'un million d'euros. (LE MONDE : 04.12.2008)
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mardi, 25 novembre 2008
Abhidarmakoçavyâkhyâ
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dimanche, 23 novembre 2008
Hôtel Terminus
Ils y entrent par hasard ou parce qu’ils y ont rendez-vous. Ils y travaillent ou y ont de vieilles habitudes. Tous sont là, dans les chambres, la réception et le bar de l’Hôtel Terminus. La femme à la robe rouge, l’homme à l’imperméable, le VRP en chaussettes, Claire qui a donné rendez-vous à Paul, Jérôme et Muriel qui échouent là au retour d‘un enterrement, le couple venu rendre visite aux enfants, le vieux monsieur au bouquet, l’homme de dos. Et puis le barman-un ancien jongleur, le pianiste du bar-qui a rôdé dans bien des hôtels du monde, Leïla-la femme de chambre que l’on dit muette et le gardien de nuit qui veille sur tous. Il y a encore un lit et une chaise qui ont des choses à se dire et le mélangeur de la salle de bains qui n’est pas en reste.
Cela se passe du soir au matin, à l’heure des rêves et des remords, des retrouvailles et des adieux. Des brèves rencontres aussi. On rit, on pleure comme au théâtre. C’est l’histoire d’une nuit passée à l’Hôtel Terminus.
Avec : Jean-Michel Dupuis (le gardien de nuit), Bruno Allain (le pianiste de bar). Bernadette Le Saché, Jean-Louis Grinfeld et Didier Brice (chambre 101), Jean Lescot et Martine Sarcey (chambre 305), Caroline Chaniolleau et Nicolas Maury (chambre 607), Jean-Claude Leguay (chambre 111), Nathalie Duverne et Daniel Delabesse (chambre 268), Sophie Broustal et Jean-Yves Berteloot (chambre 108), Clara Henry-Cumer (chambre 508), Paul Rièger et Sophie Rodrigues (chambre 511), Délia Roubtsova (Leila) et Eric Herson-Macarel (la voix des didascalies). Improvisations au piano de Jacques Bouniard.
France Culture émission du dimanche 23 novembre 2008
"Hôtel Terminus" de Jean-Pierre Thibaudat
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lundi, 22 septembre 2008
Fatalité
Je ne comprends bien, je ne sens que le langage de la Fatalité. (22 sept. 1970)

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dimanche, 06 juillet 2008
Goût
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jeudi, 03 juillet 2008
Vacances
Je me prépare pour aller à la mer; j'aurais besoin plutôt d'une maison de santé, d'un asile ... [03/07/1966]

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lundi, 23 juin 2008
La chambre n° 77 : libre
C'est Henry Miller qui l'avait fait découvrir au monde, en publiant aux États-Unis son premier livre, un recueil de nouvelles coiffé d'un titre génial Les Hommes oubliés de Dieu. L'écrivain avait alors 27 ans et, déjà, son style, son message, ses principales caractéristiques en premier lieu l'ironie, la dérision et le dépouillement étaient contenus dans cet ouvrage.
Né au Caire en 1913, l'écrivain s'était installé à Paris en 1945. L'action de ses huit romans, tous écrits en français, se déroule en Égypte, le pays de son enfance où il s'était si peu rendu par la suite. Si l'Égyptien maîtrisait parfaitement la langue de Voltaire, c'était grâce aux écoles françaises du Caire qui l'avaient accueilli jusqu'à ses 17 ans. « À l'âge de 10 ans, je n'ai pas lu des livres pour enfants, mais les grands classiques de la littérature française », nous avait-il affirmé presque aphone du fait d'une trachéotomie. Mais sa vitalité, son regard vif, sa démarche altière étaient surprenants chez cet homme de 94 ans. Même son silence était teinté d'ironie.
Figure de Saint-Germain-des-Prés dont il avait fréquenté les belles heures, au temps de Boris Vian, il avait obtenu le Grand Prix de la francophonie pour l'ensemble de son œuvre. Avec le prix Méditerranée, c'était la seule distinction reçue par ce personnage à la fois misanthrope et curieux de tout.
On a souvent décrit Albert Cossery comme le « Voltaire du Nil » du fait de son esprit sarcastique sur le pouvoir et la société. L'ami d'Albert Camus, qui avait aussi connu Jean Genet, Juliette Gréco et Mouloudji, avait souvent usé de la dérision comme d'un stylet. Ainsi, dans un de ses livres intitulé La Violence et la Dérision, Cossery met-il en scène une ville du Proche-Orient dirigée par un tyran ; les contestataires décident de lutter contre lui avec une drôle d'arme : le mépris et le rire.
Ou encore, dans Les Fainéants dans la vallée fertile, l'auteur pose un postulat délirant, à travers la vie d'une famille cairote : les hommes doivent être paresseux et refuser de travailler. Un membre de cette famille est resté dans son lit depuis un an, un autre ne veut pas se marier de peur de troubler son sommeil, un dernier sème la zizanie parce qu'il recherche un travail… Souvent, on rit à la lecture de ces pages, comme à la suite d'une bonne blague… mais dont on ne comprend la portée philosophique que longtemps après.
Dans le même registre, Mendiants et orgueilleux conte l'histoire d'un ancien professeur d'université qui décide de se faire mendiant afin de trouver la paix de l'âme…, et celle d'un autre personnage qui préférera, lui aussi, suivre le même destin. Enfin, dans Les Couleurs de l'infamie, son dernier, et peut-être meilleur livre (ses huit récits ont été rassemblés par Joëlle Losfeld, en deux volumes), Albert Cossery aborde la plupart de ses thèmes familiers : la possession, l'abus de pouvoir, la corruption.
L'histoire ? Un voleur, élégant et ironique (Cossery ?), crée une « association de voleurs philosophes » qui met au point une stratégie pour faire passer l'envie aux « escrocs officiels » d'abuser de leur pouvoir. C'est encore l'Égypte qui sert en toile de fond. Et l'écrivain démontre toujours une maîtrise de la langue française. Essayez donc d'enlever une seule phrase aux Couleurs de l'infamie, la construction est telle que vous rendrez bancale l'ensemble du roman.
Sous son air de dilettante, Albert Cossery travaillait et retravaillait inlassablement son œuvre, chaque jour, dans cette petite chambre d'hôtel. Le plus bel hommage que l'on puisse lui rendre est de (re) lire ses ouvrages.
Mohammed Aïssaoui
Le Figaro Littéraire 23/06/08
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samedi, 21 juin 2008
Maintenance électrique
Bonjour,
Afin de vous offrir de sécuriser encore davantage nos services, notre centre d’hébergement procédera à une maintenance électrique le dimanche 22 juin 2008 entre 3h et 5h (Paris Time). Pendant ces 2 heures, toutes les infrastructures du centre seront déconnectées et le service de blogs ainsi que vos blogs ne seront pas accessibles. Nous vous remercions de votre compréhension.
Bien cordialement,
L'équipe Hautetfort.

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vendredi, 13 juin 2008
Lits défaits
Bouche cruelle, regard dément ou désespéré, Louise Brooks n’a rien d’un ange de papier glacé. La beauté n’exorcise pas le malheur, telle pourrait être la première leçon de Portrait d’une flapper, la non-biographie de Louise Brooks que signe Roland Jaccard. Une « flapper », un mot qui grésille et enflamme, à l’image de ces garçonnes des années 20, héroïnes fitzgéraldiennes, dont Louise Brooks fut la dernière survivante. Et encore, a-t-elle réellement survécu aux succès, aux excès et surtout aux hommes ? Les hommes, eux, ont survécu à Louise Brooks. Roland Jaccard, qui fut très proche de cette « nymphe vampirique », poursuit son existence, de sexe triste en tristes lolitas et nous le raconte. Ce livre est donc l’histoire d’une chute, celle de Loulou au cinéma, Louise dans la vie, femme idolâtrée qui sut mieux que personne ce que c’est que d’ « avoir été la plus belle fille et tomber au plus bas ». Ce sont aussi les confidences d’un homme prisonnier de ses souvenirs. Se dire pour la dépeindre, la décrire pour se narrer, Roland Jaccard multiplie les jeux de miroirs entre lui et Louise Brooks. Avant tout, ce récit est une succession de lits défaits. A l’intérieur, plusieurs jeunes femmes qui tentent de rivaliser avec l’indomptable Louise, sans savoir que pour défier une « flapper », il faut être prête à tout perdre. La « flapper » a trop de cynisme pour plaire aux féministes et trop de lucidité pour ne pas jouer de cette toute-puissance qui ne dure que le temps d’une jeunesse. Elle agace les femmes, fascine les hommes et fait de sa vie une entreprise d’autodestruction. Louise Brooks envisageait d’intituler son autobiographie, « La Formation d’une petite conne », elle y aurait relaté de manière détaillée comment le voisin, Mister Flowers l’avait déniaisé à 12 ou 13 ans, annonçant une longue suite d’hommes à gueule d’escrocs, penchant irrémédiable pour les salauds chez cette candide perverse. Louise Brooks brûla les quatre cents pages de ses mémoires avant de mourir. Roland Jaccard, lui, n’a pas attendu pour offrir un somptueux hommage à sa sombre égérie.
Ode à une petite conne
Par Oriane Jeancourt

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mercredi, 11 juin 2008
Mammifrère
Lu hier un article de Cyrill Connelly sur Leopardi : « This way to the Tomb ». - Un titre pour moi.
Après certaines nuits, il faut tout recommencer. C’est comme si on retournait de l’Enfer.
Dégobiller n’est jamais un acte purement physique.
Que de vomissements irréalisés n’ai-je pas traînés le long des jours ! Un mammifère écoeuré s’il en fut. [11 juin 1966]

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jeudi, 24 avril 2008
Sensation
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dimanche, 20 avril 2008
Règle d'or de l'Être idéal
- Que faites-vous du matin au soir ?
- Je me subis.
Un livre est un suicide différé.
Chacun expie son premier instant.
Si on avait pu naître avant l’homme.
Dire que tant et tant ont réussi à mourir !
L’être idéal ? Un ange dévasté par l’humour.
Plus on vit, moins il semble utile d’avoir vécu.
Règle d’or : laisser une image incomplète de soi…
Naissance et chaîne sont synonymes. Voir le jour, voir des menottes…
Quiconque se survit se méprise sans se l’avouer, et parfois sans le savoir.

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